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lundi 11 juin 2012


Réflexion du côté des communistes portugais sur le mouvement des indignés : spontanéité et manipulation


Article d'Albano Nunes, membre du secrétariat du Parti communiste portugais (PCP), paru dans Avante, organe du PCP


Cet article est très intéressant et sans doute discutable! Or justement, il n'est pas discuté et dans plusieurs partis communistes socialdémocratisés, on nous embarque dans ces mouvements sans nous consulter!

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-reflexion-du-cote-des-communistes-portugais-sur-le-mouvement-des-indignes-spontaneite-et-manipulat-106754311.html


lundi 28 décembre 2009

Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin! Décryptons ensemble les "décrypteurs"!

Pierre Kulemann

Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin!

Décryptons ensemble les "décrypteurs"!

Avant-propos

Le journal "L'Humanité" a publié un hors-série exceptionnel à l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin1 .

Marie-George Buffet, secrétaire générale du PCF, Pierre Laurent, coordinateur du PCF et Francis Wurtz, membre éminent du Conseil national du PCF ont contribué à ce hors-série, ce qui permet raisonnablement d'affirmer qu'on a là la position des courants principaux de la direction du PCF sur le sens à donner à la chute du mur de Berlin.

Bruno Odent, responsable de la rubrique internationale de "L'humanité" nous dit que""L'Humanité" et "L'Humanité Dimanche" se sont mobilisées pour décrypter la signification profonde de l'évènement"2 .

Je vous invite, si vous en avez le temps et le goût, à vous livrer avec moi à une petite enquête politique pour "décrypter les décrypteurs", et abonder dans leur sens ou encore tenter d'enrichir leur analyse, si cela nous paraît pertinent!

1. Avant-propos

2. Le mur de Berlin et Gorbatchev

3. "La fin de l'histoire" du socialisme réellement existant?

4. Zhao Gao,"De la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval"

5. Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne!

Le mur de Berlin et Gorbatchev

Examinons d'abord la liste des invités à ce "débat" et commençons par Andrei Gratchev, ancien conseiller du président Mikhail Gorbatchev. Il nous dit :"Je suis fier du rôle primordial de déclencheur politique de cette transformation globale de la situation mondiale qu'a joué le projet de démocratisation lancé par la perestroïka"3 Nos lecteurs savent-ils que ce n'est pas l'opinion des Russes, pourtant directement concernés! Ainsi quand Gorbatchev s'est présenté comme candidat à la présidence de la Fédération de Russie en 1996, les résultats ont été pathétiques comme le rapporte le magazine français "Libération" :"Mikhaïl Gorbatchev est en tournée électorale. A 65 ans, le dernier dirigeant de l'Union soviétique se présente pour la première fois de sa vie au suffrage des Russes. Imperturbable, malgré les sondages qui le créditent d'un score ridicule entre 0,6 et 1% des voix , et les titres de la presse qui ironisent sur «Gorbatchev, le retour»... A Saint-Pétersbourg, à Rostov-sur-le-Don ou même à Stavropol, sa région natale, les insultes pleuvent. A Omsk, en Sibérie, un individu lui flanque son poing sur le visage. Raïssa, sa femme, hostile depuis le début à sa participation à l'élection présidentielle, refuse d'en supporter davantage et ne l'accompagne plus.4

Depuis Gorbatchev se console en vendant des sacs Vuiton!

"Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l'Union Soviétique, est le nouvel ambassadeur de la maison de luxe Louis Vuitton. Il apparaîtra dans les publicités de la griffe dès le début du mois d'août, dans la presse économique internationale. Il est mis en scène dans une limousine, avec un sac posé sur la banquette. Le cliché a été réalisé par la photographe Annie Leibovitz qui a, par ailleurs, réalisé une campagne complète pour Louis Vuitton."5

Quant à Andreï Gratchev lui-même, il bénéficie de la présomption d'innocence dans une affaire de corruption dans le cadre de l'Angolagate6

C'était en 1996. Est-ce que la régression du "socialisme réellement existant" est mieux vue en 2009 par les Russes et par les peuples du monde, tant qu'à y être?

Non, pas vraiment! En effet il y a dans le hors-série de "L'Humanité" sur la chute du mur un invité très discret qui figure dans un petit cadre vers la fin à la page 61. Il s'agit tout simplement des peuples du monde! En effet,il s'agit d'un sondage du monde gigantesque! 29 033 personnes dans 27 pays ont été sondées pour la BBC World Service par l'insitut international de sondage GlobeScan en collaboration avec le Program on International Policy Attitudes (PIPA) de l'Université du Maryland aux USA du 19 juin au 13 octobre 2009. C'est un document d'une extraordinaire richesse que je vous invite à consulter et que je compte bien utiliser ici pour compléter le Hors-série que nous décryptons ensemble7

Voici donc ce que répondent les peuples, y compris les Russes, à cette "démocratisation" vantée par Gorbatchev, Gratchev et, semble-t-il, par les courants majoritaires de la direction actuelle du PCF:

61 % des Russes et 54 % des Ukrainiens regrettent la fin de l'Union soviétique. Malgré la propagande antisoviétique universelle, 12 pays sur les 27 pays sondés regrettent aussi la fin de l'Union soviétique! Nous pourrions ajouter que le Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF), le deuxième parti politique en importance de Russie, nous dit :

"Soyons réalistes, demandons l’impossible : retour au socialisme et restauration de l’URSS !" et ajoute « Même dans des circonstances de fraudes électorales massives, le Parti Communiste reçoit systématiquement entre 15 et 20% lors des différentes scrutins. Nous savons, toutefois, que notre potentiel de soutien va bien au-delà. »8

Vous me direz que 15 à 20 %, ce n'est pas la majorité absolue, ni relative puisque c'est le Parti de Poutine qui a la majorité actuellement en Russie. C'est cependant beaucoup plus que notre PCF qui se rapproche plus électoralement, politiquement et idéologiquement de Gorvatchev et Gratchev que des communistes russes! C'est bien Andreï Gratchev, comme conseiller de Gorbatchev qui est invité dans le Hors-série, tandis que les Communistes russes, eux, ne sont pas invités.

Chers lecteurs, vous pourriez me demander par quelle sorte de logique je commence ma partie du décryptage par la Russie, alors que le thème du hors-série du PCF est la chute du mur de Berlin que beaucoup célèbrent mais que beaucoup aussi déplorent! C'est un autre invité du Hors-série, Egon Krenz, qui explique mon choix. Krenz nous dit en effet :"Le 1er novembre 1989, Gorbatchev me dit "Egon, la réunification n'est pas à l'ordre du jour[...], tu dois te méfier de Khol". Au même moment, Gorbatchev envoyait plusieurs émissaires à Bonn. Gorbatchev a joué double jeu. Il nous a poignardé dans le dos"9 Krenz semble donc avoir été un des nombreux dirigeants et militants communistes, sans parler des peuples des pays socialistes, qui ont cru à la perestroïka (reconstruction) et à la glasnost (transparence). Egon Krenz, longtemps adjoint de Eric Honecker, et dernier président du Conseil d'etat de la République démocratique allemande (RDA) a cru à Gorbatchev, qu'il connaissait bien, et a compris trop tard que la Glasnost n'était qu'un masque et il a perdu confiance dans l'avenir du "socialisme réellement existant" :"le système ancien est définitivement mort" affirme-t-il10 .

Hans Moodrow, qui, à la différence de Krenz, voulait rayer le rôle dirigeant du parti communiste (SED) en RDA rejoint Krenz sur la question de la responsabilité de Gorbatchev ;"Lors d'un autre sommet, celui du COMECON qui eut lieu du 9 au 10 janvier 1990 à Sofia [...] le représentant soviétique a annoncé que la forme de coopération entre nos deux pays, fondée sur le rouble convertible était terminée [...] En clair, cela signifiait que la RDA [...] n'avait plus aucune chance de subsister.

Notons que le peuple de l'ex-RDA, de l'Allemagne de l'Est, comme on l'appelle souvent, regrette lui aussi la chute du mur. En 1999, la revue étasunienne "USA today" écrivait: "Quand le mur de Berlin s'est écroulé, les Allemands de l'Est ont imaginé une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les épreuves allaient disparaître. Dix ans plus tard, chose remarquable, 51 % d'entre eux disent qu'ils étaient plus heureux sous le communisme"11

Ce n'est pas une grosse majorité, mais tout de même c'est "remarquable" comme le dit USA Today. En dehors des pays développés de l'Ouest, c'est différent. Selon le sondage de la BBC déjà cité, 69 % des Egyptiens déplorent la fin de l'Union soviétique. En Inde, au Kénya, en Indonésie, les opinions sont partagées. Le Wall Street journal nous apprend que "Dans les années 1980, des centaines de familles civiles soviétiques vivaient à Kaboul sans protection particulière. Aujourd'hui, tous les Occidentaux vivent emmurés dans des complexes lourdement gardés"12

Le Wall Street Journal ajoute "Contrairement à toutes les prédictions, après le départ du dernier soldat soviétique en février 1989, le gouvernement (communiste) de M. Najibullah, au lieu de s'écrouler, passa à l'offensive. Il marqua des victoires décisives contre les rebelles et survécut à la chute de l'Union soviétique et ne perdit que quand les vivres et les armes russes ont manqué. Sans la continuation de l'aide étasunienne aux guérillas, ce gouvernement aurait pu durer encore très longtemps affirment de nombreux moudjahidins"13 Là encore la "déconstruction" de Gorbatchev semble jouer un rôle central! Il a privé la RDA, le tiers-monde en général, Cuba, le Viet-Nam et l'Afghanistan entres autres, de l'aide soviétique pendant que les USA redoublaient leur terrorisme dans ces mêmes lieux! Mais ne nous éloignons pas trop du sujet, même si tout est lié, et revenons au mur de Berlin et à ce que certains, de gauche comme de droite, voudraient qu'il symbolise.

"La fin de l'histoire" du socialisme réellement existant?

"Le concept de « fin de l'histoire » avait d'abord été élaboré par Hegel, puis repris de diverses manières par plusieurs philosophes, dont Alexandre Kojève et critiqué par Karl Marx pour qui l'humanité n'était pas encore sortie de sa préhistoire. Pour Fukuyama comme pour Hegel, l'Histoire s'achèvera le jour où un consensus universel sur la démocratie mettra un point final aux conflits idéologiques.

Fukuyama publia un premier article sur le sujet (The end of History?) au cours de l'été 1989 dans la revue The National Interest (article repris dans la revue française Commentaire n° 47, automne 1989). Il en développe les thèses dans un livre controversé publié en 1992, La Fin de l'Histoire et le dernier homme, dans lequel il défend l'idée que la progression de l'histoire humaine, envisagée comme un combat entre des idéologies, touche à sa fin avec le consensus sur la démocratie libérale qui tendrait à se former après la fin de la Guerre froide."14

Sommes-nous, avec cet Hors-série, avec les courants principaux de la direction du PCF et avec les autres "Gorbatchéviens" dans le monde en face d'une variante de la théorie de la "Fin de l'histoire" au moins pour "le socialisme réellement existant"? Quant au communisme, il demeurerait seulement comme "l'avenir d'une espérance" comme le dit le sous-titre du livre de Patrice Cohen-Séat, dirigeant du PCF, ou "une utopie"15 comme le dit François Hollande, dirigeant socialiste français, donc irréalisable. On ne pourrait que s'en approcher, tout en restant dans le monde de la démocratie des pays capitalistes développés.

Faisons d'abord une liste d'affirmations "gratuites" (Je dois dire que je suis abasourdi quand je vois des personnes intelligentes, des historiens chevronnés, des journalistes de valeur, affirmer avec "autorité" des prédictions qui relèvent plutôt de la boule de cristal des voyants escrocs):

1) Bruno Odent, responsable de la rubrique internationale du journal "L'Humanité" :"Il y a vingt ans la chute du mur de Berlin allait entraîner avec elle la disparition d'un monde qui se réclamait du socialisme "réellement existant" [...] Jusqu'à l'inéluctable écroulement"16


2)Francis Wurtz, membre éminent de la direction du PCF, du Parti de la Gauche Européenne (PGE) : "Avec la chute du mur, un système s'est définitivement effondré..."17

"S'agissant de la sympathie vis-à-vis de l'Union soviétique, je pense qu'il faut relativiser celle qui existait entre les communistes français et l'URSS.(...) L'URSS n'était pas la boussole."18 On croit rêver!

"Si on fait référence à ce qui s'autoproclamait communisme dans les pays de l'Est, alors non. Cette acception est morte"19


3) Susan George : "Je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour l'Union soviétique"20

"...certains parlent de révolution. Je ne sais pas ce que ça veut dire aujourd'hui. Je ne connais ni le nom ni l'adresse du Tsar"21 (Ce à quoi Francis Wurtz répond :"Ce que vous dites sur le Palais d'hiver fait partie d'une mythologie enterrée au PCF"22 Francis Wurtz confond peut-être le PCF avec les courants actuellement dominants de sa direction!


4) Hans Modrow, dirigeant du SED critiqué par Honecker qui jugeait qu'il nuisait au Parti, premier ministre à la veille de la chûte du mur, a aboli le rôle dirigeant du Parti que Krenz voulait maintenir.
Il rejoint cependant Krenz en ce qui concerne la responsabilité de Gorbatchev en disant que, quand au sommet du COMECON de janvier 1990, l'Union soviétique a mis fin au rouble convertible "En clair, cela signifiait que la RDA qui était le plus gros partenaire commercial de l'Union soviétique [...] n'avait plus aucune chance de subsister"23


5) Gregor Gysi, dirigeant du SED en novembre 1989 et co-président du groupe parlementaire de l'actuel Die Linke en Allemagne, est plus nuancé. Il concède que le peuple était attaché à la RDA, qu'il a cru, avec la chute du mur "qu'ils allaient maintenant bénéficier de leurs droits politiques, tout en conservant leurs droits sociaux", mais, comme tous les intervenants du Hors-série"que le moment n'est pas venu pour un dépassement"24 du capitalisme.


6) Dans le débat des historiens dans le Hors-série, Pierre Grosser, professeur d'histoire à Science-Po à Paris voit dans la chute du mur la suite de la chute de dictateurs comme Ferdinand Marcos aux Philippines! Personne dans la table ronde ne lui réplique sur ce point! Grosser y voit le "symbole de la chute du communisme"25 . Pourtant, Pierre Grosser dit que "Les sociétés de l'Est ne rêvaient pas de dérégulation ni de capitalisme à l'américaine, mais plutôt de bénéficier des deux systèmes"26.Il se contredit un peu!
C'est en effet ce que Gorbatchev a réussi à faire croire et ce que les courants dominants de la direction actuelle du PCF voudraient aussi nous faire croire. On voudrait nous faire croire qu'on peut, sans révolution, bénéficier du niveau de vie et des libertés politique des classes aisées des pays capitalistes avancés et en même temps des protections sociales des pays du "socialisme réellement existant".C'est un leurre qui a couté bien cher à ceux qui y ont cru;Le sondage de la BBC confirme que c'est bien ce que les gens ont cru avant de réaliser que c'était impossible, trop tard pour faire rapidement marche arrière!


7) Marie-Pierre Rey, professeur d'histoire soviétique à la Sorbonne se souvient du discours de Gobatchev de décembre 1988 à l'ONU où il déclare que l'URSS n'interviendra plus par la force dans les démocraties populaires. "C'est une renonciation claire à la doctrine Brejnev, une façon de commencer à rendre ces démocraties à leur destin"27

Zhao Gao,"De la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval"

Connaissez-vous l'histoire de l'eunuque Zhao Gao, conseiller de l'empereur. Il montrait à l'empereur un daim et faisait répéter par ses nombreux complices à la cour à l'empereur qu'il s'agissait d'un cheval. Finalement, l'empereur se demanda s'il ne devenait pas fou, et crut que c'est à tort qu'il voyait un daim.

Eh bien, notre hors-série est presque un nouveau Zhao Gao!

Avec des différences que nous avons décortiquées, il est vrai, tous les intervenants, sauf un, affirment que "le 9 novembre 1989, c'est l'effondrement du mur de Berlin. C'est l'échec définitif d'une expérience d'alternative au capitalisme, qui aura finalement tourné le dos à l'espoir soulevé au début du XXe siècle".

Nous avons déjà vu, grâce au sondage d'opinion réalisé pour la BBC, que telle n'est pas l'opinion des peuples du monde.

Et puis, non, le daim n'est pas un cheval! Seul intervenant à le constater, même si c'est avec regret, Serge Wolikow nous dit un peu pompeusement : "Je note que des pays se réclament toujours du communisme d'État" et que cela ne contribue pas à crédibiliser la démarche émancipatrice de l'idée communiste. [Grosser tente de se rattrapper en ajoutant] "Le modèle qui disparaît après novembre 1989 ne saurait constituer une référence pour cette notion de culture politique communiste"28

Eh oui, le "socialisme réellement existant" se réforme constamment et existe bel et bien, entre autres, à Cuba, au Viet-Nam, en Chine. Des partis communistes qui ont toujours confiance dans un "socialisme réellement existant" font partie d'un gouvernement de coalition, entre autres, en Afrique du Sud, dans divers Etats de l'Inde, à Chypre, en Moldavie. Enfin, des partis qui ont toujours confiance dans un "socialisme réellement existant" sont solidement installés en Grèce, au Portugal, en Russie même.

Quel dommage que ces partis communistes n'aient pas été invités à participer au Hors-série, cela aurait mis un peu d'animation, de pluralisme. On aurait tout de suite vu que le daim n'est pas un cheval!

D'autant plus que les invités au hors-série, dans la droite ligne de Gorbatchev de l'eurocommunisme, du communisme critique, de l'alter-communisme, enfin tous ceux, sous un nom ou un autre, qui jugent qu'une révolution n'est pas à l'ordre du jour et qu'il faut seulement rêver de liberté et d'égalité (on se demande pourquoi la fraternité n'est pas mentionnée) ont du mal à grandir ou même dans certains cas à survivre, comme en France, en Espagne, en Italie.

Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne!

Laissons le mot de la fin à Marie-George Buffet, l'actuelle secrétaire générale du PCF :
"La division du monde en deux blocs, dont le mur était l'expression, a placé les deux camps dans l'incapacité de répondre aux grands défis du siècle. Ces défis de développement équitables appellent non une logique de domination, mais celle des coopérations : l'humanité vit une seule aventure!"29

Les deux blocs n'existent plus, mais la lutte entre le camp du capitalisme et celui du communisme est plus rude que jamais. Le nier a un nom : la collaboration de classe! Pour que l'échiquier politique en France cesse de glisser vers la droite, il me semble nécessaire que le Parti communiste français redevienne révolutionnaire et reprenne sa place dans le camp communiste. Cela pourrait contribuer à rendre le Parti socialiste français socialiste. Soit les dirigeants actuels prennent conscience que le daim n'est pas un cheval, ou s'ils se cramponnent dans leur gorbatchevisme, il faudrait une nouvelle équipe dirigeante! Il n'y a pas de raison que le rejet des nombreuse dérives autoritaires, dictatoriales et parfois criminelles qui ont eu lieu dans les pays communistes nous amènent à défendre une "démocratie" capitaliste qui a "esclavagé", puis colonisé des continents entiers et qui fait encore aujourd'hui mourir de faim un enfant toutes les cinq secondes. C'est comme si les crimes de la Révolution française (car la Révolution française a eu aussi ses dérives) devaient nous ramener à Louis XVI!

Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne!

notes



1
1989, Un mur tombe. 2009, la Crise. Et maintenant, que Faire?,Hors-série, Paris, novembre-décembre 2009

2
Idem, p.3

3
Idem, p. 72

4
http://www.liberation.fr/portrait/0101183675-mikhail-gorbatchev-65-ans-candidat-a-l-election-presidentielle-russe-mene-une-cam

5 http://www.plurielles.fr/mode/mikhail-gorbatchev-ambassadeur-louis-vuitton-3511393-402.html

6 http://suitedesnouvelles.com/politique_28mai2007.php

7 http://www.globescan.com/news_archives/bbc2009_berlin_wall/

8 http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-11eme-rencontre-des-pc-9-kprf-russie-soyons-realistes-demandons-l-impossible-retour-au-socialisme-et-restauration-de-l-urss--41823384.html

9
Hors-série, opus cité, p. 47

10
Idem, p. 47

11
USA Today, 11 octobre 1999, p.1 (Le pourentage a augmanté depuis avecla crise des subprime.

12
The Wall Street Journal; 30 novembre 2009, P. 21

13
Idem, P. 21

14 http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Francis_Fukuyama&oldid=43528937

15 Hors-série, p. 59

16 Hors-série, opus cité, p. 3

17 Idem, P. 20

18 Idem, p.21

19 Idem; p. 22

20 Idem, p.22

21 Idem, p. 22

22 Idem, p. 22

23 Idem, p. 28

24 Idem, p. 32

25 Idem, p. 48

26 Idem, p.51

27 Idem. p. 50

28 Idem, p.51

29 Idem, p.59

mercredi 26 novembre 2008

Une bien étrange introduction au 34e Congrès du PCF

Une bien  étrange introduction au 34e Congrès du PCF


[Avant-propos : petit problème de vocabulaire !

J’ai employé dans une contribution précédente le mot « liquidationisme » pour décrire ceux qui par le biais de la tendance organisée « Communistes Unitaires » tentent de remplacer le Parti communiste français par un vaste comité antilibéral   « aux contours incertain » . Un camarade m’a répondu indigné que sa famille était communiste depuis trois générations et qu’il ne fallait pas l’insulter. Je ne voulais vraiment pas peiner le camarade dont j’ignorais d’ailleurs la généalogie (qui n’est évidemment pas en cause ici !)
.

Le mot « liquidationisme » a l’avantage de permettre la comparaison avec les multiples tentatives du même ordre qui jalonnent l’histoire du mouvement ouvrier, une des plus importantes ayant été
le « gorbatchévisme ». Cela permet aussi de comparer diverses formes de « liquidationisme » français comme le cohenséatisme » (bien décrit pas Cohen-Séat lui-même dans son livre

««Le Communisme ,l’Avenir d’une espérance » dont le titre est déjà tout un
poème) et le « martellisme » que Martelli décrit aussi bien lui-même
dans de nombreux textes parus chez la tendance organisée « Communistes
Unitaires ».

Il me semble que le mot « liquidationisme »
n’est pas plus une injure que de dire que les socialistes sont réformistes et non révolutionnaires, ou que Bernstein, l’ancêtre des
« liquidationistes » fait une « révision » de la pensée marxiste.

Certains camarades proposent le terme
« déconstructeurs » et « déconstruction », c’est sans doute un bon synonyme, mais pourquoi ce néologisme ]


Peut-on réviser une

mauvaise traduction!


Les traducteurs de métier savent bien que réviser une mauvaise

traduction est une mission presqu’impossible et beaucoup plus lourde que de la
recommencer purement et simplement.

Je ne suis pas sûr que le texte intitulé «base commune»,
certains disent ironiquement «très commune, mais pas très communiste», traduise
bien la situation actuelle.

Comme il n'est pas possible, vu le calendrier de la
préparation du 34e Congrès, de réécrire la «base commune», on peut au moins
poser des questions, essayer de l'améliorer un peu avec des amendements, faire
des vœux et voir comment sauver les meubles!


Dans l'introduction «commune», aux lignes 25 à 41 pour ceux

qui ont le texte avec des lignes numérotées, on nous dit que nous sommes face à
quatre défis (Je ne contesterais pas cette arithmétique, un peu étonnante tout

de même : pourquoi quatre et pas un autre chiffre?)


1) Le premier défi serait : «Nous avons changé de monde et

d'époque»!

Vraiment? Bien entendu, nous vivons toujours dans le même

monde; il n'y a pas eu récemment de nouvelle Genèse à notre connaissance!

Mais avons-nous changé d'époque?

La caractérisation d'une époque, pour un parti communiste

est une question extrêmement importante, car elle est au cœur de sa stratégie.
La majorité des partis communistes jugent, avec les reculs et les avancées du
ne transition du capitalisme vers le socialisme », donc par une série de rév
socialisme dans notre monde existant , que « notre époque se caractérise par
uolutions pacifiques ou non, depuis 1917. Cette caractérisation ne gomme nullement les erreurs, les reculs, les drames qui alourdissent cette
iste» en est un aspect, comme celle des années 1930, elle ne constitue pas un changem
transition. Cependant c'est cette transition qui ferait de notre époque une «mutation de civilisation». La «crise de la mondialisation capita
lent d'époque. La
tionnelle non plus.
révolution inform
a

A quoi sert de garantir dans la « base commune »
que le Parti communiste français va garder son identité propre communiste  et son autonomie de pensée et d’action communistes, si nous disons du même souffle que nous ne partageons pas l’objectif
commun à long terme, que chaque parti communiste poursuit comme il peut, qui

est de mondialiser le socialisme !

 Nous serons dans une nouvelle époque, me semble-t-il, quand le socialisme sera le système dominantdans ce monde existant réellement. 

Manifestement, ce n'est pas encore le cas!

2) Le deuxième défi, c’est le « néo-libéral »

Sarkozy , mais, avec le troisième défi qui suit, on se déclare perdu d’avance !
 

3) Le troisième défi serait que «La crise de la gauche

s'aggrave. Elle n'offre pas de perspective de changement crédible» (ligne 33 et
34).

Il me semble que nous faisons partie de la gauche !
Doit-on comprendre que « nous n'avons pas de perspective de changement
crédible à offrir » ? Si tel est le cas, on comprend mal ce qu'on vient
faire dans le paysage! Si on manque de confiance en nous à ce point, comment
pouvons-nous bâtir une relation de confiance interactive avec la classe

ouvrière et le monde du travail en général ?

4) Le quatrième défi est encore plus curieux : «L'originalité du communisme français maniant la critique globale du système et une visée de transformation sociale radicale, le souci du développement de luttes populaires et d'idées nouvelles de transformation, avec une ambition et une implication de changement immédiat est menacée». 

Voilà qui décrit bien l'originalité des partis communistes vraiment communistes dans leur ensemble vis-à-vis des partis «bourgeois», des partis socio-démocrates et des partis ultra-gauchiste. Rien d'original ici, mais pourquoi attribuer le mérite de cette description générale des partis communistes au PCF en particulier, surtout juste après avoir dit que le PCF n’a « pas de perspective de changement crédible à offrir » !

L'originalité du Parti communiste français serait plutôt, selon moi, qu'il ne voit pas notre époque comme l'époque de la transition du capitalisme au socialisme et qu'il ne pense pas offrir une perspective de changement crédible du moins selon ce texte «commun». Et c'est peut-être à cause de cette originalité là, la vraie, «que son existence est menacée».  

En réalité, je ne pense pas que ce soit la pensée réelle du «Parti profond» (mais comment en être sûr, à moins de procéder à des sondages d'opinion à l'intérieur du Parti sur la question). C'est en ce sens que  le texte de la « base commune » est bien difficile à réviser, car c'est peut-être une trop mauvaise traduction du « Parti profond » . La « base commune »  semble représenter plus une pseudo-synthèse, ou mieux un pot-pourri, de textes de tendances organisées, et en particulier de leurs « éléphants » cohen-séatistes autour de Patrice Cohen-Séat, martellistes autour de Roger Martelli, entre autres.

Avec notre division en tendances organisées,  il devient difficile, sinon impossible de formuler un  reflet de la pensée du Parti comme cerveau collectif cohérent. 

En rejetant les bons côtés du centralisme démocratique avec les mauvais, notre mode de fonctionnement se rapproche dangereusement de celui du parti socialiste français, mode de fonctionnement qui convient mal, je crois, à un parti révolutionnaire.

Le vocabulaire de l'introduction est-il important? Il me semble que oui, car c’est bien plus qu’une question de vocabulaire ! Ces « Quatre défis » cadrent l'ensemble de notre démarche. Ainsi, si nous croyons toujours que notre époque se caractérise par la transition du capitalisme ausocialisme, il nous faut logiquement ensuite voir comment on peut à la fois proposer une voie française révolutionnaire vers le socialisme qui soit crédible. 

l faut aussi s'unir, sans se transformer en donneur de leçons, avec

ceux qui bâtissent le socialisme de leur mieux à leur façon, qu'ils soient dans
l'opposition ou au pouvoir, en France ou ailleurs dans le monde.

Si nous ne croyons plus que notre époque se caractérise par
la transition du capitalisme au socialisme, par quoi se caractérise-t-elle ?
En quoi faisons nous encore partie de « l’internationale communiste »
t que telle; elle existe toujours comme réseau fraternel d’entraide dan
(L’internationale communiste » n’existe plus comme organisation en ta
ns le
t des différences dans le cadre de la lutte révolutionnaire mondialisée.) ?
respe
c


La messe est dite


 En fait, avec ces curieux « Quatre

défis » de l’introduction du texte de la « base commune », la messe est dite. Il n’est plus possible de transformer ce texte au 34e congrès en un guide pour le PCF et sa future direction jusqu’au 35e Congrès. On peut tout de même tenter de « sauver les meubles », c’est-à-dire préserver et « recommuniser » le PCF grâce à une direction unie sur ce point, sans tergiversation avec la tendance organisée « liquidationiste » .

Donc, il me semble que « la

base commune » reflète bien la division actuelle du Parti entre les ProParticommunistes et les liquidationistes, mais n’offre pas vraiment une claire perspective de sortie de crise.

Cette division se reflète dans toutes les activités du Parti qui s’est déjà partiellement déconstruit.  Je ne vais pas répéter ici ce que j'écrivais l'autre jour à propos de la mésaventure du secteur international du Parti qui veut construire "un nouvel internationalisme aux contours très incertains" ! http://alternativeforge.net/spip.php?article=1939 .

Si je me préoccupe beaucoup à la veille du 34e Congrès du

PCF de l'internationalisme du PCF, c'est parce que la mondialisation capitaliste nécessite absolument, je crois, une mondialisation communiste. Or je crains que  la façon dont la direction actuelle  du PCF ne tente de construire un internationalisme bizarre et impossible, ni communiste ni socialiste, mais incertain, en collaboration  avec divers groupes trotskystes, humanistes, verts, ou façon "Die Linke", souvent hostiles aux partis communistes existants. Je crains que cela  nuise au renforcement d'un internationalisme communiste. Qui plus est, l’internationalisme pratiqué par un parti communiste est souvent un révélateur de ce qui caractérise l’ensemble de ses politiques.

Comment se fait-il que nous ne sachions pas trop dans le « Parti profond », quels sont nos

rapports avec, par exemple, le Parti communiste chinois (70 millions de membres), le Parti communiste russe (Deuxième parti politique en importance en Russie, environ 20% de votes aux diverses élections, un énorme recul pour eux qui étaient au pouvoir, mais c'est quand-même plus que nous), avec le Parti communiste de Cuba, du Japon ou des États-Unis. Notre presse ne nous renseigne pas clairement sur ces questions et les déclarations du Parti encore moins. Sans parler d’une certaine incohérence. Ainsi l’Humanité a publié un numéro spécial fort intéressant sur la Chine ; le secteur international du Parti a pris des positions souvent hostiles au parti communiste chinois sans que le « Parti profond » soit informé de quoi que ce soit !

 En ce qui concerne le Parti communiste japonais, Wikipedia

nous dit :  « …un des plus grand parti communiste d’opposition au monde. Il compte environ 400 000 membres répartis dans 25 000 sections. Contrairement aux autres partis communistes d’Europe ou d’ailleurs, il n’a pas connu de crise interne à la suite de la chute de l’URSS, et n’a pas non plus songé à changer son nom ou ses objectifs. " Voilà qui est intéressant et qui pourrait faire réfléchir les cohenséatistes et martellistes de la tendance organisée, paradoxalement nommée "Communistes unitaires". Ces derniers veulent nous faire croire qu’on ne se distance jamais assez du Parti communiste soviétique. Le PCUS est, avec beaucoup d’ingratitude, vu,  comme le faisait Soljenitsyne, presque uniquement comme l’architecte du Goulag ! On oublie qu’il a vaincu le nazisme, qu’il a joué un rôle clé dans la fin du colonialisme, et qu’il a joué aussi beaucoup aidé les Communistes français. Nous pourrions peut-être nous inspirer de l’exemple du Parti Communiste du Japon vis-à-vis des communistes russes. Cela faciliterait sans doute nos relations avec le Parti communiste de Russie. Nous pourrions alors engager avec lui un dialogue constructif sur ce qui nous choque parfois dans leurs déclarations sur le sionisme par exemple.

Les Français savent bien que le

PCF a manqué de distance critique vis-à-vis de l'URSS et il sont bien prêt à lui pardonner. Ils font, je crois, aujourd’hui la part des choses, surtout si nous ne tombons pas aujourd'hui dans l'excès inverse (Evidemment, je n’en suis pas certain. Il faudrait ici aussi vérifier avec des sondages d’opinion honnêtes). Aujourd'hui, ils ont besoin d'un Parti communiste fort et confiant, pas de dirigeants communistes qui brûlent pendant un demi-siècle ce qu'ils ont adoré le demi-siècle précédent. On peut noter en passant que bon nombre des dirigeants du PCF qui souhaitent dissoudre le PCF au profit d'un rassemblement "antilibéral" sont précisément ceux qui sont les plus hostiles à l'URSS.

Ce sont souvent aussi ceux qui souhaitent bâtir ce qu'ils nomment "un internationalisme de nouvelle génération" . Est-ce qu’il s’agit  d’une internationale antilibérale qui essaierait de se trouver une niche entre l'internationalisme communiste et l'internationalisme socialiste pour supplanter l'un et l'autre. Vaste programme en effet, mais guère réaliste !

De plus, c’est une initiative de portée majeure pour notre Parti, qui doit donc être longuement étudiée dans l’ensemble du Parti et correspondre ensuite à une prise de position à un congrès. Ce n’est guère le cas ! Cette initiative d’un soi-disant « internationalisme de nouvelle génération », prise sans discussion démocratique dans le Parti,  nuit à l'internationalisme communiste existant, et risque aussi de nous marginaliser et de nous mettre à l’écart de l’internationalisme communiste. Cette initiative va à l’encontre des efforts de rassemblement des forces antilibérales autour du mouvement communiste (sans qu’il perde pour autant son identité et son caractère révolutionnaire).

Un bel exemple

de communisme

 

Parlant d'internationalisme communiste, nous pourrions réfléchir sur cet évènement historique de la rencontre au plus haut niveau entre le PC chinois et le PC cubain, au nez et à la barbe de l'impérialisme étasunien de Bush. L'importance de cette rencontre n'a pas échappé à la presse en général, mais n'a guère été soulignée dans notre presse communiste. Il y a quelques années, on en aurait parlé partout !

Voici donc comment le ministère des Affaires étrangères

chinois rapporte la rencontre récente de novembre 2008 du Parti communiste chinois et du Parti communiste cubain: « Hu Jintao a exprimé ce qui suit : Les deux partis chinois et cubain s’en tiennent à la direction du communisme et à l’orientation socialiste, s’appliquent à explorer une voie conforme aux conditions de leur propre pays, renforcent et développent sans arrêt les relations entre les deux Partis et les deux pays, se mettent à l’école l’un auprès de l’autre pour se référer, ce qui est profitable tant à l’édification de leur propres Partis et pays qu’à la promotion de l’entreprise sublime de la paix et du développement de l’humanité ». Le français de la traduction est peut-être hésitant mais la pensée est claire. Et puis, le français de notre texte de base commune pour le 34e Congrès du PCF n’aurait sans doute pas la moyenne dans une classe d’école secondaire, tant pour la forme que pour la clarté du fond !

Chaque mot compte dans le texte chinois et pourrait inspirer

un véritablement nouvel internationalisme pour le PCF. Le sénateur Mélenchon du nouveau Parti de gauche (ex PRS) a adopté une attitude respectueuse et responsable vis-à-vis de la Chine communiste et de son parti communiste. Puisque nous prétendons contre toute vraisemblance que nous n'avons pas eu le temps de penser à cette question de nos rapports avec le PC chinois depuis plusieurs congrès, nous pourrions avec modestie utiliser la position de l’ex PRS (aujourd’hui nouveau Parti de gauche, qui a, lui trouvé le temps de penser à la Chine) comme base solide de discussion sur la Chine. 

Au lieu de cela, nous adoptons en pratique, mais sans

discussion démocratique dans le Parti, une position de juge moral vis-à-vis du Parti communiste chinois, à partir d'un critère droitdel'hommiste conçu de façon étroite et biaisée, façon étatsunienne! Cela nous mène à des situations ridicules comme celle de députés communistes manifestant derrière le député UMP Luca lors du passage de la flamme Olympique à Paris. Ce même Luca qui est, à la fois le président des groupes d'études parlementaires sur le Tibet  et celui qui a été défendu l’article 4 de la loi du 23 février 2005 ventant les bienfaits du colonialisme!

 On en arrive à des absurdités. Ainsi certains camarades

soutiennent mollement, ou même condamnent, les jeunes des banlieues populaires qui se révoltent (maladroitement, il est vrai ; mais trouvent-ils bien la place qui leur revient de droit chez nous, dans le Parti communiste français ?) contre le néocolonialisme raciste de Sarkozy. Les mêmes camarades souvent applaudissent à tout rompre la minorité séparatiste tibétaine qui se révolte contre le Parti communiste chinois pour tenter de replonger le Tibet dans un obscurantisme féodal religieux soutenu par la droite étatsunienne !

En voulant être plus malin que tout le monde, on en arrive à d’étranges alliances !

Sauvons les meubles !

Si nous prévoyons à regret, bien sûr, que notre texte de « base

commune » ne pourra pas être suffisamment révisée, (car c'est une mission impossible à partir d'un texte si mal bâti, dans le cadre d'un seul congrès), il faut se fixer des objectifs minimaux.

Un de ces objectifs pourrait être un assainissement de notre

mode de fonctionnement et prévoir deux possibilités :

1) En cas de catastrophe, si les « liquidationistes »

de Cohen-Séat, Martelli et consorts gagnent la partie, une scission du Parti risque de se produire. Qui gardera les journaux, les bâtiments etc? Le Parti communiste risque, surtout pendant les premières années, de perdre tout cela, et plus grave, une bonne partie de ses membres au profit d'un gros comité antilibéral, ni communiste ni socialiste, dont l'avenir est plus que problématique. Il me semble qu’il faut tout faire pour démocratiquement éviter cette catastrophe !

 2) Autre scénario, moins catastrophique. Le Parti communiste

français refuse sa liquidation et tente de se reconstruire. C’est un chemin exigeant mais possible.

Au moment où on se parle, la déconstruction est assez

avancée. Beaucoup de sections du Parti, ou même de fédérations du Parti, de « groupes de réflexion » proches, comme Espaces Marx par exemple, de secteurs d’activités comme le  département international (entre autres en Amérique du Sud, en Russie, en Chine, en Europe), sont bien financés par le Parti, mais fonctionnent plutôt sous la direction politique d'une tendance organisée curieusement nommée "Communistes unitaires". Il y a beaucoup de talent et de dévouement dans cette mouvance, mais dans une orientation « liquidatrice » (Si le mot" liquidation" dérange, on peut employer une périphrase, mais liquidation me paraît le terme pertinent et il n'a rien d'offensant en soi!).

Si donc le «Parti profond»au 34e Congrès refuse clairement

sa liquidation; il faudrait que ceux des dirigeants actuels ou futurs qui fricotaient avec la tendance organisée «Communistes Unitaires» déclarent officiellement et publiquement renoncer à leurs activités liquidatrices multiformes, s'ils ou elles souhaitent être réélues. Leur talents et dévouement pourra lors contribuer à la recommunisation du parti, si la parole donnée est tenue.

Par contre, si les liquidateurs et liquidatrices réclament une participation à la direction du parti proportionnelle à leur poids actuel dans le Parti, et si cela leur est accordé, rien n'aura été réglé et notre recul va s'accentuer!

Comment conclure ?

Pour conclure sur ces quelques remarques portant sur

quelques lignes de l'introduction du texte de base commune au 34e Congrès du PCF, on se rend compte que, par le biais de tendance organisée « liquidatrice », le Parti communiste français échappe progressivement au «Parti profond» pour tomber partiellement  sous la coupe de ses « éléphants liquidateurs ». La lutte entre les « liquidationistes » et les pro-Particommunistes  est si vive qu'elle nous rend incapables de produire un texte de préparation au Congrès qui ait une véritable cohérence et logique et qui soit amendable de façon réaliste.  Heureusement, l'histoire du mouvement communiste de notre époque

de transition du capitalisme au socialisme a connu de multiples épisodes du même genre, et les « liquidateurs » sont loin d’avoir toujours gagné (Par contre, ils ont généralement fait beaucoup de tort, même si leurs intentions étaient généralement très honnêtes. La personnalité morale des porteurs de tendances liquidationiste n’est pas en cause!).

Avant le cohenséatisme et le martellisme, il y a eu, par exemple la période du browdérisme au Etats-Unis (du nom d'Earl Browder, le secrétaire général du PCUSA qui voulait vers la fin de la Seconde Guerre mondiale (donc avant le fameux rapport Kroutchev sur les dérives staliniennes) dissoudre son Parti dans un regroupement antilibéral ou comme le dit Wikipedia « transformer le parti communiste en une association moins structurée (Communist Political Association) ».

Plus récemment, il y a évidemment Gorbatchev! Avec Alexandre

Yakovlev, alors ambassadeur de l'Union Soviétique, avec qui il a très longuement discuté pendant un long séjour à Ottawa en 1985, Gorbatchev, qui était en 1985 membre du Bureau politique, a graduellement transformé l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales de Moscou en une espèce de tendance organisée visant à métamorphoser le PCUS et son internationalisme en mouvement social-démocrate plus ou moins de gauche!  Les Soviétiques ne se sont pas rendu compte à temps de ce qui leur arrivait, car la liquidation du PCUS venait de l'intérieur de la direction du parti, sous la bannière d'un approfondissement de la démocratie communiste et de la création d'un nouvel internationalisme. C’est en général sous cette bannière que progresse le « liquidationisme ».

 On sait que le PCUS, avec Gorbatchev à sa tête, a ensuite

perdu le pouvoir en URSS qui est redevenue capitaliste depuis. Le Parti communiste de Russie a péniblement regagné environ 20% de l'électorat aux diverses élections et est redevenu le deuxième parti politique en importance en Russie. Il est encore loin d’avoir repris le pouvoir pour rétablir un socialisme amélioré en Russie.

Gorbatchev, quant à lui, fort mal vu en Russie aujourd’hui , a fondé en 2001 le Parti social démocrate de Russie qui n'a guère d'influence.

Triste fin, Gorbatchev fait parfois des «annonces

publicitaires pour les restaurants Pizza Hut où des gens l'acclament pour la liberté qu'il aurait apporté aux Russes, y compris celle d'avoir des restaurants occidentaux, et pour la compagnie de luxe Louis Vuitton, où on le voit, un sac Louis Vuitton à ses côtés, dans une voiture de luxe russe longeant le mur de Berlin» nous apprend Wikipedia!

Pourvu que nous n'en arrivions pas là!

Pierre K.